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LA LEGENDE EN MARCHE
La genèse, la naissance et l’histoire complète des Ford GT40, y compris les MKII, J, MKIV vous a été contée dans le détail et avec talent par Christian Moity dans les numéros 48,49,66,67, 68 d’Auto Passion. Un roman fleuve passionnant que je ne vais pas vous resservir ici. Il faut simplement rappeler que, lorsque Ford décide de se lancer dans l’aventure

du championnat du monde Sport Proto, ce n’est pas avec des petits moyens, mais avec toute la puissance dont dispose le constructeur américain. Après l’échec des négociations pour le rachat de Ferrari, Henri Ford II donne le feu vert pour la construction de sa propre voiture d’après la Lola GT d’Eric Broadley, confiant la direction technique à Roy Lunn et la gestion sportive à John Wyer, l’ancien directeur de course d’Aston Martin. La Ford GT40, motorisée par un « small block » dérivé de celui de l aFairlane, se montre être au début un échec total, malgré l’utilisation des moyens informatiques de Ford. Les relations entre Roy Lunn et John Wyer deviennent plus qu’orageuses. Wyer se voit délesté de ses fonctions, ne conservant plus que la construction des exemplaires pour l’homologation. La mise au point et l’exploitation echoit alors à Caroll Shelby. De son côté, Roy Lunn, qui reste à son poste, ne croit plus en l’utilisation du « petit » moteur etne jure que par le « big block 427ci » de 7 litres extrapolé de la grosse Galaxie. A l’automne 1964, une antenne spéciale, Kar Kraft, est créée pour développer ce nouveau prototype sur la base de GT40 classique dont il conserve le chassis. Quant au moteur, ce n’est pas un inconnu puisqu’il fut déjà monté sur le Coupé Cobra Daytona 7 litres et utilisé avec succès dans les épreuves Nascar. Cette imposante et lourde (tout en fonte) mécanique trouve sa place avec, cependant, une différence importante par rapport aux GT40 normales : si ces humide, le 7 litres, autant pour des

raisons de place que de refroidissement et de répartition des masses a droit à un carter sec avec une bâche à huile positionnée dans le compartiment avant. En revanche, on ne possède pas de boite susceptible de passer les quelques 70Mkg de couple et une puissance de 485 chevaux pour un moteur installé en position centrale. Qu’à ne cela ne tienne, Kar Kraft en construit une en utilisant une pignonnerie améliorée de Galaxie accouplée à un différentiel autobloquant. La première voiture est achevée en mars 65. Aussitôt, elle est livrée à l’écurie de Caroll Shelby pour être testée sur la piste de Romeo dans le Michigan. Le pilote est enthousiasmé par les performances de la Ford 7 litres qui atteint 338 km/h, une vitesse fantastique. En revanche, la stabilité montre encore quelques imperfections. 2 MKII 7 litres sont cependant engagées, avec une flotte de GT40, aux 24 heures du Mans 1965. Edition un peu particulière où toutes les voitures d’usine – Ferrari comme Ford- sont mises en échec et c’est la valeureuse Ferrari 250 LM du NART qui l’emporte. Les Ford MKII auront tout de même marqué la course gràce à un extraordinaire record du tour, signé Phil Hill, à plus de 211 km/h de moyenne. La MKII poursuivra son évolution avec un nouveau capot et des appuis aérodynamiques qui résoudront les problèmes de stabilité. Treize voitures seront construites. Une grosse armada qui viendra à bout de Ferrari dès les 24 heures de Daytona 1966 pour, ensuite, carrément l’écraser au Mans et enlever, au final, le titre de Champion du Monde des Marques… en attendant les MKIV de 1967, puis les GT40 de John Wyer en 1968 et 1969.

 
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